Le prélèvement à la source dans l’œil du cyclone

Emmanuel Macron ne s’en étant jamais caché, on savait que le prélèvement à la source n’aurait pas nécessairement de beaux jours devant lui en cas de victoire du candidat lors des élections présidentielles.

Principal argument avancé lors de la campagne électorale : le prélèvement à la source tel que prévu par le gouvernement Hollande présente une trop grande complexité dans sa mise en œuvre pour les entreprises.

Désormais, le prélèvement à la source semble même être dans l’œil du cyclone puisque ce n’est plus un report qui est évoqué mais une suspension pure et simple du dispositif.

En effet, si le nouveau président de la République a promis un audit de la réforme pour le mois de juin, lors d’une interview accordée au journal La Voix du Nord, le nouveau ministre du Budget Gérald Darmanin est allé plus loin en annonçant qu’il comptait être « le ministre de la suspension de l’impôt à la source »

Et il semblerait que cette position soit partagée par le Premier Ministre Edouard Philippe qui a profité d’une interview accordée au JDD ce dimanche pour déclarer « J’ai demandé au ministre en charge du Budget, Gérald Darmanin, d’examiner les conditions de sa mise en œuvre. Ensuite nous discuterons au sein du gouvernement, et une décision sera prise très rapidement ». Il a ajouté, signe de la réticence du gouvernement à mettre en œuvre ce prélèvement : « Tout le monde sait que cette réforme, telle qu’elle a été envisagée, est une source de complexité supplémentaire pour les entreprises ».

Si finalement le prélèvement à la source est abandonné en l’état, il aura tout de même coûté 50 millions d’euros à l’Administration fiscale qui avait d’ores et déjà engagé des frais de développement informatique et de formation de son personnel.

Dans tous les cas, une position ferme de la part du nouveau gouvernement est très attendue notamment par les français détenant des produits d’épargne retraite comme le PERP ou le contrat Madelin et qui ont suspendus leurs versements ne pouvant pas bénéficier pour 2017, année « blanche », de la déduction fiscale octroyée en contrepartie du versement de cotisations.